Architecture : Qu'est-ce un Temple Shaolin

Le monastère Shaolin ou temple Shaolin (chinois : 少林寺 ; pinyin : shàolín sì) est un temple bouddhiste Chan situé sur le mont Song dans la province du Henan(Chine). Fondé au ve siècle1, le monastère est depuis longtemps célèbre pour son association avec les arts martiaux chinois, et particulièrement avec le kung-fu Shaolin. Pour le monde occidental, il est peut-être le monastère bouddhiste le plus connu.

Le monastère est dirigé par l'abbé Shi Yongxin. L'enseignement martial des moines est dirigé par l'abbé Shi Yanlu. Des gens du monde entier apprennent le kung-fu au temple Shaolin. Bien que pouvant pratiquer et apprendre sur place, les étrangers ne peuvent vivre dans le temple et doivent payer pour leur formation.

 

Nom

Le terme Shaolin est formé de , shào, « jeune », qui se réfère à shàoshi, nom de l'une des montagnes du massif du mont Song, et de , lín, « bois, forêt ». Avec , sì, « temple »), la traduction de 少林寺 serait donc : « temple du bois-du-mont-Shaoshi ».

Certains auteurs francophones traduisent parfois Shaolin, de manière littérale, par « jeune forêt ».

Histoire

L'histoire du monastère, ses implications politiques et militaires, et son rôle majeur dans l'émergence des arts martiaux actuels sont rattachés à de nombreuses légendes forgées au fil des siècles. Transmises par d'anciens manuscrits, ces légendes demeurent encore très vivaces dans la culture des pratiquants d'arts martiaux, malgré les études historiques et découvertes archéologiques contemporaines.

Fondation du monastère

Le monastère Shaolin fut édifié à la fin du ve siècle, en l'honneur du moine indien Batuo qui prêchait en Chine depuis 464 le bouddhisme theravāda2 et devint le premier patriarche du monastère. En l'an 477, selon Les Biographies des moines éminents (645) de Daoxuan, qui localise ce temple sur la face Nord du Shaoshi et attribue à l'Empereur Xiaowendi l'origine de sa construction. Le Registre des monastères bouddhistes du Luoyang (747) de Yang Xuanzhi, et le Ming Yotonhzhi(1461) de Li Xian confirment cette localisation et attribution. Mais c'est l'année 497 qui est retenue dans le Jiaqing Chongxiu Yitongzhi (1843).

Bouddhisme Chan et arts martiaux[

 

Combattants de Shaolin en action

D'après la légende, le moine indien Bodhidharma (?-536?) arriva au monastère et développa l'enseignement du bouddhisme Chan, ainsi qu'une pratique martiale par les moines (Shaolin quan) pour les aider à se défendre des animaux et brigands.

Les recherches académiques critiquent cette légende dès le xviiie siècle. L'existence historique d'un missionnaire indien ou persan venu en Chine vers 480, qui propagea l'enseignement bouddhiste dans la région Luoyang jusqu'en 520 est généralement acceptée. Néanmoins la plupart des historiens considèrent que l'attribution de Bodhidharma comme fondateur Chan est fausse3, et les premières mentions de cette attribution dans des documents sont postérieures au xie siècle.

  • « À travers un processus prolongé et dynamique de développement et échange, le bouddhisme intégra à ses doctrines des concepts du confucianisme et du taoïsme, et se transforma finalement en une nouvelle orthodoxie connue comme Chan. »
  • — Shi Yongxin, abbé principal du monastère4.

De même les historiens datent du xviie siècle la légende rattachant Bodhidharma à la création des arts martiaux Shaolin. Les premières mentions de pratiques physiques à Shaolin (qigong) apparaissent en effet dans des passages du Yì Jīn Jīng (prétendu daté du VIIe), dont l'authenticité est mise en doute par les historiens, qui l'estiment postérieur au XVIIe. De plus, la tradition, qui rattache à Shaolin l'invention des premières techniques martiales chinoises, est réfutée par des textes antérieurs à la création du monastère (voir l'histoire des arts martiaux chinois).

Articles connexes : Chan (bouddhisme) et Shaolin quan.

Dynastie Tang (618–907)

 

Vajrapani, patron du monastère de Shaolin, puissance et énergie personnifiées, Grottes de MogaoChineixe siècle.

Une pratique martiale ou guerrière par les moines est néanmoins attestée dès la dynastie Tang, sans que soient attestées des techniques de combat spécifiques à Shaolin3. Les moines participèrent notamment vers 610 à une défense du monastère contre des bandits, et en 621 à la Bataille de Hulao qui marqua la défaite de Wang Shichong. Ces évènements sont attestés par les inscriptions d'une stèle funéraire datant de 7283. En récompense, l'empereur Tang fit plus tard agrandir le monastère et autorisa les moines à embrasser une carrière militaire.

Destructions

Le monastère a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises.

En 1641, les troupes de rebelles anti-Ming de Li Zicheng saccagèrent le monastère en raison du soutien des moines envers la dynastie Ming et la menace éventuelle qu'ils représentaient pour les rebelles. Ce saccage détruisit effectivement la force de combat du monastère5.

L'histoire de destruction du monastère la plus connue, est celle d'une prétendue destruction par le gouvernement de la dynastie Qing, au motif d'activités anti-Qing. Cette prétendue destruction ou incendie aurait eu lieu, en 1647 sous l'empereur Shunzhi, ou en 1674 sous l'empereur Kangxi, ou bien en 1732 sous l'empereur Yongzheng. Cette destruction est censée avoir contribué à la propagation des arts martiaux Shaolin à travers la Chine, par le biais des légendaires cinq moines fugitifs. Certains récits prétendent qu'un monastère Shaolin du Sud aurait été détruit, à la place ou en même temps que le monastère du Henan. Ces histoires apparaissent communément dans l'histoire des arts martiaux, dans la littérature, ou au cinéma.

Bien que ces supposées destructions soient communes chez les pratiquants d'arts martiaux, et servent souvent de récits sur l'origine de différents styles martiaux, leur exactitude est douteuse. Ces évènements sont souvent connus par le biais d'histoires contradictoires de sociétés secrètes du xixe siècle, ou par la littérature populaire, et semble également reposer à la fois sur le folklore du Fujian (province du sud-est de la Chine) et sur des récits populaires tel que Au bord de l'eau. Pour les chercheurs contemporains, l'intérêt de ces histoires porte principalement sur leur rôle dans le folklore, les indices sur l'histoire des sociétés secrètes, ou l'existence d'un temple Shaolin du Sud5.

Histoire moderne

 

En 1800, le monastère est rebâti.

En 1928, le général Shi Yousan brûle le monastère pendant 40 jours, ce qui détruit 90 % des constructions et les manuscrits de la bibliothèque.

En 1966, les gardes rouges de la Révolution culturelle attaquent le monastère et emprisonnent les moines après les avoir humiliés en public. Le gouvernement laisse les lieux à l'abandon pendant des années.

En 1972, le président américain Richard Nixon visite le monastère.

De 1972 à 1980, des groupes d'arts martiaux du monde entier font des dons pour restaurer le monastère ; des sculptures à l'entrée y sont dédiées. En 1976, le film Le Temple de Shaolin s'inspire de l'attaque des Mandchous.

 

Le monastère en 2006

En 1981, le monastère rouvre officiellement. Une démonstration de Kung-fu Shaolin y a lieu. En quelques années, le style Shaolin Quan est reconstitué. À partir de cette date, le monastère gagne une popularité planétaire grâce aux démonstrations d'une grande perfection technique. Pour éviter que l'art Shaolin soit mal copié, le monastère enseigne dans les écoles environnantes.

Des démonstrations martiales sont organisées par les moines à travers le monde ; la première tournée a lieu aux États-Unis en 1996 . Tous les deux ans, un « festival Shaolin » rassemblant des démonstrations martiales, des danses, des concerts, etc. est organisé en Chine par le gouvernement, afin de promouvoir la culture chinoise et d'encourager les investissements économiques en Chine6.

En 2004, le monastère accueille deux millions de visiteurs.

En mars 2006, le président russe Vladimir Poutine est le premier dirigeant étranger à visiter le monastère depuis sa réouverture.

Shaolin du Sud

 

En rouge, la province du Fujian.

Il aurait aussi existé un légendaire Monastère Shaolin du Sud (南少林寺), situé dans le Sud de la Chine et détruit sous la dynastie Qing. L'historicité de son existence, son affiliation prétendue avec Shaolin, et sa localisation exacte sont sujets de controverses7.

  • « Sans doute, le temple des monts Shaoshi ne fut-il pas le seul dans ce cas, des dizaines de monastères arguèrent du droit d'asile pour accueillir des loyalistes Ming qui avaient leur sympathie. Ils ne furent pas aussi actifs que le Shaolin, mais le fait de trouver mention d'une demi-douzaine de Shaolin à des endroits très différents du pays ne nous incite-t-il pas à supposer qu'en raison des circonstances d'autres monastères suivirent soudain la même vocation guerrière que leur modèle du Henan ? »
  • — Habersetzer8

Ces temples auraient été détruits sous la Dynastie Qing, plus favorable au bouddhisme tibétain (Bouddhisme vajrayāna) qu'au bouddhisme chan (Bouddhisme mahāyāna) pratiqué dans ces temples.

À ce monastère (ou ces monastères) sont associées l'évolution et la pratique d'un style martial, le nanshaolin quan, qui serait à l'origine de nombreux arts martiaux du Sud de la Chine (nanquan chinois : 南拳 ; pinyin : nánquán).

Depuis une dizaine d'années, les découvertes de ruines d'anciens temples bouddhistes détruits ont suggéré plusieurs localisations possibles de ce temple, des baignoires retrouvées dans le Fujian ressemblent à des descriptions d'écrits anciens, de baignoires que l'on remplissait de mélanges médicinaux pour soigner les moines ont été retrouvées dans le Fujian, laissant penser que le monastère s'y trouvait9. Les autorités locales et nationales ont alors désigné ces lieux comme des monastères Shaolin du Sud, et comme dans l'ensemble de la Chine, ont œuvré avec les pratiquant bouddhistes à leur restauration ou à la construction de répliques, ainsi qu'à un renouveau des pratiques du bouddhisme et du kung-fu Shaolin dans cette région. Cela a permis en même temps de développer l'économie touristique religieuse ou séculaire de la région10. On peut énumérer :

Galerie de photos

  • Vue générale sur le monastère.

  • Porte menant au monastère.

  • Entrée d'une école proche du monastère.

  • Vue sur un élément architectural du monastère.

  • Sépultures au cimetière du monastère .

 
 

Kung-fu Shaolin

 

Démonstration de Shaolin quan
Démonstration de Shaolin quan

Autres noms Shaolinquan (少林拳), Shaolin Quan
Pays d’origine Drapeau de la République populaire de Chine Chine
A donné japonais et vietnamien
modifier Consultez la documentation du modèle

 

Le kung-fu Shaolin ou Shaolin kung-fu (chinois : 少林功夫 ; pinyin : Shàolín gōngfu ; Wade : Shao⁴lin² kung¹fu ; cantonais Yale : Siu³lam⁴ gong¹fu¹) ou Shaolin Quan(chinois : 少林拳 ; pinyin : Shàolín quán ; Wade : Shao⁴lin² ch'üan²) est un art martial chinois traditionnel, se référant à l'ancienne école du monastère Shaolin, lieu où il aurait été créé. Des centaines d'arts martiaux chinois se réclament de « L'héritage shaolin », ou d'un des monastères associés au nom « Shaolin »1.

 

Histoire

 

Ancienne peinture murale dans la Salle des robes blanches du Monastère Shaolin représentant des moines pratiquant les arts martiaux. Sur ce détail, un prêtre à la peau sombre (présumé indien) et un moine chinois.

On trouve la mention de la participation des moines du monastère Shaolin à des combats vers l'an 610, mais rien n'indique un style propre au monastère2.

Bodhidharma

D'après la tradition, le moine bouddhiste Bodhidharma (ve siècle) aurait enseigné le kung-fu Shaolin aux moines du temple Shaolin, pour les aider à se défendre des animaux et des brigands qui rôdaient autour du monastère. Les recherches académiques critiquent cette thèse dès le xviiie siècle, et certains historiens font remonter cette légende au xviie siècle, avec la mention de pratiques physiques à Shaolin (Qi gong) dans des passages du Yì Jīn Jīng, dont l'authenticité (on le prétend daté du viie siècle) est mise en doute par les historiens (qui l'estiment postérieur au xviie siècle).

Le moine bouddhiste Bodhidharma a été considéré comme le créateur des arts martiaux Shaolin. Cette attribution provient d'un taoïste ayant rédigé le Yijinjing en 1624, qu'il prétendit avoir découvert. La première des deux préfaces de ce manuel retrace la succession du style qi gong à partir de Bodhidharma jusqu'au général Li Jing, à travers une chaine de saints et héros de guerre bouddhistes. Les chercheurs considèrent ce travail comme une falsification, en raison de ses nombreux anachronismes et du fait que des personnages fictifs de la littérature chinoise y soient répertoriés comme maîtres de lignée. Ling Tinkang (1757-1809), un érudit de la dynastie des Qing, décrivait déjà cet auteur comme un « maître ignorant de village »3.

Les recherches plus récentes démontrent que le saint patron du monastère était Bodhisattva Vajrapani, divinité révérée au moins dès le viiie siècle, par laquelle les moines pensaient obtenir force et compétences de combat. De même une stèle érigée en 1517 démontre que Vajrapani était considéré à cette époque comme le créateur des célèbres techniques de bâton des moines4.

Pratique

Le salut shaolin

Le salut à distance est un geste d'harmonie et de politesse, et un symbole de non-agression (en empêchant une prise de combat, par la poignée de main). Les mains se joignent au niveau du chakra de l'air et du cœur (ou Anāhata), la main gauche ouverte (représentant le yin) posée sur le poing droit fermé (représentant le yáng). Il symboliserait que l'on retient son poing d'attaque avec son cœur5. En unissant les idéogrammes « lune (du yin) » et « soleil (du yáng) », l'idéogramme « clarté (ou Ming) » se formerait. Il aurait symbolisé « renverser les Qing, et restaurer les Ming » (en chinois Fan Qing, Fu Ming) pendant l'après-guerre entre les Qing et les Ming (voir : Histoire du monastère Shaolin)6.

Art martial

 

Démonstration shaolin

  • « Il inclut 708 séquences de routines armées et à mains nues et 156 séquences d'exercices de respiration qigong, certaines d'entre elles préservées et documentées dans des manuels historiques d'arts martiaux. » — Shi Yongxin7

Entrainement au monastère Shaolin

 

Démonstration de style Shaolin dans un monastère.

Article détaillé : Monachisme#Le monachisme bouddhiste.

Les disciples du monastère sont de jeunes garçons sélectionnés généralement parmi les meilleurs élèves des écoles martiales de la région ou du reste de la Chine. La formation martiale de ces disciples dure généralement entre deux et quatre ans, plusieurs heures par jour. Au terme de cette période, ils peuvent devenir moines. Tous les moines n'étudient pas le bouddhisme Chan (Zen), ni les pratiques les plus traditionnelles (méditationQigong, techniques authentiques d'autodéfense). La plupart des moines se concentrent sur les démonstrations acrobatiques et les exercices de casse, afin de satisfaire les groupes de touristes. Les moines martiaux plus doués intègrent les tournées mondiales de démonstration, pendant quelques années.

Patrimoine Arts Martiaux Architecture Religion

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