Ville de Sens - Yonne - Bourgogne

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Sens (Yonne) Bourgogne ( source wikipédia)

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Sens est une commune française, chef-lieu d'arrondissement, située à 100 km au sud-est de Paris, dans le département de l'Yonne (89), dont elle est une sous-préfecture, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Au dernier recensement de 2014, la commune comptait 25 507 habitants. Ses habitants sont appelés les Sénonais. En 2012, l'agglomération, au sens géographique et statistique, comptait 36 623 habitants1 et l'aire urbaine de Sens 62 177 habitants2.

Sens est actuellement la deuxième commune du département de l'Yonne.

La commune est récompensée par la distinction Grand Prix et quatre fleurs au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris3.

La population de son arrondissement s'élevait à 112 598 habitants en 20124. L'arrondissement a connu la croissance la plus rapide de Bourgogne sur les 13 années précédentes : 0,7 % par an.

Le Sénonais représente 30 % de la population icaunaise pour 23 % du territoire.

 

HISTOIRE (source wikipédia)

Antiquité

Époque gauloise

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Époque romaine

 

Mosaïques gallo-romaines découvertes à Sens et conservées dans le musée de la ville.

La cité, nommée Agendicum12 à l'époque romaine, a conservé son plan à deux rues principales perpendiculaires decumanus et cardo et une partie de son enceinte romaine. Agendicum est probablement sous l'Empire romain, la capitale de la Senonia, province de la IVe Lyonnaise.

Le nom actuel de la ville vient de la tribu gauloise des Sénons, dont Brennus fut le chef au ive siècle av. J.-C. On y trouve des vestiges de drains faits par les Romains afin d'élever l'eau d'une source, à la manière d'un puits artésien. Ces travaux étaient destinés à alimenter un aqueduc.

En 53 av. J.-C., lors de l'invasion de la Gaule, César fait hiverner six légions, au lieu-dit « le camp de César » au sud de la ville13. Le sanctuaire gallo-romain de la Motte du Ciar situé non loin, près du confluent de la Vanne et de l'Yonne, a livré de nombreux vestiges archéologiques (monnaies, médaillons, fragment de marbres, etc.)14.

Sous le Haut-Empire, des bâtiments et diverses infrastructures sont construits pour y améliorer le confort. Au iie siècle, un aqueduc de seize kilomètres va chercher de l'eau de source dans la vallée de la Vanne. Des vestiges archéologiques attestent de la présence d'un amphithéâtre, d'un forum et de thermes. Les thermes, et surtout la façade, devaient présenter des sculptures variées12.

À cette période, l'aristocratie locale possédait des maisons décorées avec des mosaïques et chauffées grâce à l'hypocauste12.

La ville gagne peu à peu la plaine orientale. Sa superficie est environ cinq fois supérieure aux vingt-cinq hectares dans lesquels elle va se recroqueviller à la fin du iie siècle du fait des graves troubles de la guerre civile. Des familles de la cité poursuivent un cursus honorum remarquable qui les porte jusqu'à la dignité de consul à Rome. Une garnison semble prendre place dans un camp permanent à Mâlay (le Grand).

Au Bas-Empire, la ville est protégée par une muraille, dont les matériaux sont prélevés sur les édifices construits au Haut-Empire. Les fortifications parcouraient une distance de trois kilomètres, en prenant en parti appui sur l'Yonne et étaient parmi les plus imposant la Gaule romaine. La muraille repose sur de grands blocs de pierre issus de bâtiments publics ou de monuments funéraires. Afin de rendre la ville plus facilement défendable, la superficie de cette dernière se réduit (environ 25 hectares15)12.

Du fait de la réforme administrative de Dioclétien, la cité de Sens devient le siège de la province de la quatrième Lyonnaise16. De ce chef, la future province ecclésiastique poursuivra ce cadre hérité de l'Empire. Comme de très nombreuses cités romaines de Gaule (ex. Lutèce), la ville prend le nom du peuple dont elle est le centre administratif et commercial. La cité sera désormais appelée Sens.

L'archidiocèse de Sens

 

Façade de la cathédrale Saint-Étienne de Sens, monument principal de la ville.

Les origines du christianisme à Sens ont été l'objet de débats féroces au début du xxe siècle. Il est vrai que dans sa rédaction connue (très tardive), la vie de saint Savinien vient s'interpoler avec celle de sainte Colombe. Elle prétend que cet évêque a été désigné directement par les apôtres. Mais on peut aussi remarquer que le terme « apostole » signifie en vieux français « pape », ce qui peut en reporter la désignation à un quelconque pape romain.

Il faut par contre créditer l'Église locale de sainte Colombe. Cette Aragonaise a été baptisée dans la vallée du Rhône à Vienne et a subi le martyre à Sens. Son culte est célébrée dans des recueils wisigothiques de Haute Antiquité, ce qui rend impossible un culte imaginaire.

Un évêque Savinianus est cité dans des actes d'un concile du début du ive siècle. On est désormais fondé à assurer l'existence d'une organisation ecclésiastique. Mais nous sommes alors à la fin du règne de Constantin.

Le diocèse de Sens a été fondé vers 240 par saint Savinien. Ses archevêques ont eu une place importante dans l’Église de France : au ixe siècle, le Pape Jean VIII a donné à l’archevêque de Sens le titre de « Primat des Gaules et de Germanie » et jusqu’au xviie siècle, l’évêque de Paris dépendait de l’archevêque de Sens. À ce titre, elle avait sous sa dépendance ChartresAuxerreMeaux, Paris, OrléansNevers et Troyes. La circonscription ecclésiastique fut calquée sur la circonscription civile et le siège épiscopal de Neverslors de sa création à la fin du ve siècle fut également rattaché à Sens. Ces sept évêchés constituaient une province ecclésiastique d’une exceptionnelle importance que traduisait la devise CAMPONT — acrostiche des initiales des sept sièges — inscrite sous les armes du chapitre de la cathédrale de Sens. En 769, l’archevêque de Sens, Villicaire, était à la tête de la mission épiscopale franque qui assistait à Rome au Concile chargé de juger le pontife intrus Constantin II, avec le titre d’archevêque des Gaules.

Au viiie siècle, le pape est contraint par les événements à prendre une mesure organisationnelle. Il ne peut pas communiquer avec l'épiscopat de Gaule. La Méditerranée est complètement rendue inaccessible par la flotte musulmane d'Afrique du Nord. Les musulmans d'Espagne sont eux-mêmes présents à Narbonne. La dévastation s'étend à l'intérieur de la Provence. La circulation ne peut se faire qu'à travers les Alpes, et uniquement aux beaux jours. Les Lombards se montrent peu compréhensifs. Contraint, le pape fait de l'archevêque de Sens son légat permanent pour l'au-delà des Alpes, à l'exception de la Bretagne (c'est-à-dire la Grande-Bretagne). Les souverains mérovingiens se satisfont de cette mesure. Dagobert, de mauvaise santé, limite ses déplacements aux alentours de Paris. Au changement de dynastie, rien ne change. L'autorité de l'archevêque se dilate à l'espace contrôlé par les Carolingiens.

Au début du xiie siècle, la base navale musulmane de La Garde-Freinet est libérée par le comte de Provence. La circulation commerciale devient intense à travers les Alpes (foires de Champagne). La fonction de légat permanent cesse d'avoir une grande utilité. L'évêque de Lyon (qui tente de ravir le titre archiépiscopal à son métropolitain de Vienne), obtient du pape la « reconnaissance » d'une autorité de primat en France. La réaction du roi Louis VI sera énergique et d'une rare violence. Le Roi refuse que son clergé passe sous contrôle d'un évêque opérant depuis une terre étrangère (le comté de Lyon est en Empire). Il y voit une rupture de l'alliance multi-séculaire des rois de France d'avec la papauté. Le pape recule.

Une nouvelle remise en cause date du règne de François Ier. Le roi Louis XI avait déjà favorisé à l'extrême les foires de Lyon, permettant un développement aussi tardif que spectaculaire de la ville. L'archevêque de Lyon (le conflit avec Vienne n'est pas encore terminé) appuyé par la riche bourgeoisie de sa ville, convainc sans peine François, désespérément à la recherche d'argent, de sa cause. Âgé, l'archevêque de Sens ne réagit pas. Le Parlement de Paris assure une brillante défense. Le Roi le fait plier. En compensation, le Parlement octroie le titre de primat des Gaules et de Germanie à l'archevêque de Sens ; l'archevêque de Lyon ne sera que primat de la Gaule.

 

Les remparts de la poterne.

 

Le trésor de la cathédrale.

Moyen Âge

 

Maison d'Abraham, un joyau du centre-ville de Sens.

 

Le Palais synodal de Sens.

 

Peinture représentant le mariage entre Saint Louis et Marguerite de Provence à la cathédrale de Sens par l'atelier de Jean Pucelle.

Âges mérovingiens et carolingiens

À la fin du ive siècle, Sens est la capitale de la Quatrième Lyonnaise. Cette circonscription civile sert de cadre à l'Église pour la fondation de l'archevêché de Sens. Sa devise est Campont, d'après les initiales des évêchés de : ChartresAuxerreMeauxParisOrléansNevers et Troyes. L'hôtel de Sens est leur résidence officielle à Paris. Le trône archiépiscopal de l'archevêque dominait dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le trône épiscopal de l'évêque de Paris. En 1622, la province ecclésiastique de Sens fut divisée en deux, Chartres, Meaux, et Orléans devenaient suffragants du nouvel archevêché : Paris.

En 732, les Maures débarqués en Camargue remontent toute la vallée du Rhône et pillent la ville de Sens. Cette opération est vue comme une tentative de diversion, afin de diviser les forces franques à affronter, l'année de la bataille de Poitiers17.

Les premiers Capétiens

Au Moyen Âge, la ville conserve un rôle important au point de vue ecclésiastique. Plusieurs archevêques procèdent à des couronnements royaux avant que ce ne fut réservé à l'archevêque de Reims. Ses archevêques porteront par la suite le titre de « primats des Gaules et Germanie ».

En 1015, le comté du Sénonais est rattaché une première fois à la Couronne et définitivement à la mort du dernier comte Renard le Mauvais en 1055. Il est momentanément détenu par le comte de Blois de 1030 à 1032. Le Roi gère sa nouvelle possession par le biais d'un vicomte (basé à Vallery) et d'un prévôt. Le Roi dispose d'un palais (l'actuel tribunal de grande instance), d'écuries, d'une tour ronde et d'un donjon carré, des jardins, d'un clos. Mais il n'y vient qu'une fois toutes les trois années, puis très rarement une fois que Philippe-Auguste se fut lancé à la conquête de l'Ouest.

Le rattachement du Bas-Gâtinais en 1080 permet de rompre l'isolement du domaine royal sénonais, à présent capable de communiquer avec Orléans et Melun.

En 1120Louis VI autorise Étienne, prévôt de l'église de Sens, à fortifier le cloître (portes, murailles, fossé)18.

En 1135, la ville choisit de reconstruire sa cathédrale dans un style innovant. C'est la première cathédrale gothique de France. Son style est caractéristique de cette période de transition. À la même époque, la ville bénéficie brièvement d’institutions communales, qui lui sont retirées par Louis VI19.

En 1147, la ville se révolte contre la tutelle seigneuriale20.

En 1163, sous Louis VII, pendant près de trois années, le Pape Alexandre III exilé par Frédéric Barberousse se fixe avec la Curie à Sens21. La cité reçoit les archevêques de Cantorbéry Thomas Becket21 et Edmond (saint Edme). Alexandre III place sous sa protection la léproserie de Sens qui connaît un développement important à la suite de nombreuses donations22.

En 1189-1190, la ville obtient une carte d'affranchissement20. Le roi de France Philippe-Auguste (neveu de Guillaume de Champagne) permet à Sens de disposer de toute l'indépendance alors possible en lui permettant d'avoir un maire (qui exerce avec les pairs la justice sur les hommes du roi) et des jurés et lui accorde une charte qui place la ville sous son autorité exclusive23.

En 1194, un bailli royal est localisé à Sens. Il est le premier du domaine royal à être ainsi localisé alors que l'institution est connue depuis 1184. Le bailliage de Sens comprend à l'époque médiévale Melun, NemoursCourtenayAuxerre, le Donziois, la Puisaye, le Tonnerrois, la région de Langres jusqu'à la Saône, d'importants éléments du Barrois Mouvant, le Nord-Ouest troyen, des éléments épars près de Châlons-en-Champagne. La création postérieure de bailliages royaux à MâconSaint-Pierre-le-Moûtier, puis l'incorporation de la Champagne dans le domaine royal, limitent l'action d'un des plus importants fonctionnaires territoriaux de la Couronne. Sens fournit le plus ancien lieutenant général de bailliage royal français, et travaille le premier à la mise en forme des plus anciennes coutumes de bailliage. Le tribunal fournit non seulement le travail à des magistrats, mais aussi à des centaines de sergents dispersés dans ce vaste ressort judiciaire. Il a fortement contribué à limiter les ambitions judiciaires des tribunaux féodaux de Champagne, de Bourgogne, de Nivernais, de l'Auxerrois, du Gâtinais et de la Brie française24.

La ville est dotée de seize paroisses : Sainte-Croix (en la cathédrale), Sainte-Colombe-du-Carrouge, Saint-Pierre-le-Rond, Saint-Maximin, Saint-Maurice, Saint-Benoît, Saint-Romain, Saint-Hilaire, Saint-Didier, Saint-Pierre-le-Donjon, Saint-Hilaire et hors les murs La Madeleine, Saint-Didier, Saint-SavinienSaint-Pregts et Saint-Symphorien.

Le , l'archevêque Gauthier le Cornu organise et célèbre le mariage royale entre Saint Louis et Marguerite de Provence à la cathédrale de Sens où de nombreuses personnalités sont conviées21. Le , Marguerite de Provence est couronnée reine de France21.

La guerre de Cent Ans

Le bailli de Sens met la ville en défense face aux bandes anglo-navarraises. Il procède à la destruction de tous les immeubles approchant des fortifications (dont le Petit Hôtel-Dieu de Garnier Despres où on trouve un trésor destiné à le reconstruire en cas de destruction !). La ville perd son industrie drapière incarnée par la famille Chacerat, considérée comme étant celle des plus riches marchands existant entre Paris (la plus grande ville d'Europe) et Avignon (siège de la papauté). La ville fournit au régent Charles (V) le calme lui permettant de repartir à l'offensive contre Étienne Marcel.

Jusqu'à la perte du pouvoir par la reine Isabeau de Bavière, les patriciens de Sens jouissent d'une position tout à fait considérable au sein de l'appareil central de l'État. Ils ont largement contribué à le développer à partir des règnes des fils de Philippe le Bel. Les familles de Dicy, Dallement, Col, Chanteprime, de Quatremares, de Bragelongne peuplent le Trésor, les Aides, le Parlement, le Notariat royal, les Requêtes dans des proportions incroyables.

Durant la seconde phase de la guerre de Cent Ans, la ville est administrée par le bailli Guillaume de Chaumont jusqu'en 1420. Il est obligé de quitter la place face à la caravane militaire composée du roi d'Angleterre, du duc de Bourgogne et de la reine Isabeau de Bavière, revenant de Troyes et gagnant Paris. Lui-même va gagner Orléans où il accueille Jeanne d'Arc qui a traversé Sens en 1429.

La cité n'ouvre ses portes à Charles VII qu'en suivant l'exemple de la ville de Troyes. Mais ProvinsMontargis et Auxerre maintiennent son ralliement isolé. Les campagnes sont libérées mais ruinées par Arnault-Guilhem de Barbazan, « chevalier sans peur et sans reproche » inhumé à Saint-Denis. Le combat larvé après le traité d'Arras implique certes la prévôté de Villeneuve-le-Roi, mais aussi le bailliage de Sens en base arrière du harcèlement juridique royal jusqu'en 1477. Les baillis sont d'éminents personnages de l'État, parfois même favoris du Roi (Charles de Melun). Plusieurs des griefs du duc de Bourgogne articulés durant l'entrevue de Péronne concernent les entreprises du bailli de Sens.

En juin 1474, la ville se voit accorder par le roi Louis XI l'autorisation d'avoir un maire et un conseil municipal25. Louis XI entame le rééquilibrage du ressort judiciaire en retirant au bailliage de Sens l'Auxerrois, le Donziois et la Puisaye. La résistance persiste jusque sous François Ier.

Renaissance

Le bailliage de Sens obtient de disposer d'un siège présidial. Son ressort comprend, outre le Sénonais, le Gâtinais oriental, le Tonnerrois, le pays de Langres et des enclaves en Champagne. Il fait vivre environ 150 avocats et procureurs dans la seule cité. Durant les guerres civiles, le pays de Langres s'émancipe judiciairement.

Sous François Ier, la Couronne concède enfin à l'archevêque de Lyon (qui venait lui-même de s'affranchir l'archevêque de Vienne) le titre de primat de France. Le Parlement de Paris résiste un temps. Il plie finalement à cette innovation royale intéressée par les capacités financières des Lyonnais. En compensation, le Parlement donne à l'archevêque de Sens le titre de « Primat des Gaules et de Germanie » pour rappeler à tous la prééminence de l'archevêque de Sens datant de la fin du viiie siècle, quand il était systématiquement désigné légat permanent du pape pour les royaumes francs. Le titre est conservé de nos jours.

Durant les guerres de Religion, Sens est particulièrement agitée. Charles IX y commence son tour de France royal (1564-1566) en mars, accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’AnjouHenri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine26. Les habitants repoussent les assauts du prince de Condé et d'Henri de Navarre qui manque d'être tué par les sabotiers durant un assaut.

Époque moderne

 

Le palais archiépiscopal, aujourd'hui musée.

Sous le règne de Louis XIII, le diocèse de Paris est érigé en archidiocèse par démembrement de celui de Sens. L'officialité métropolitaine perd la connaissance des appels en provenance de la province formée depuis près d'un millénaire par Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. Le grand séminaire de Sens est ouvert en 1651. Le grand-père paternel de Cyrano de Bergerac est originaire de Sens.

La cité épiscopale rassemble environ neuf mille habitants. Elle est commodément reliée à Paris par le coche d'eau et se situe sur la route de poste de Paris à Dijon. À la tannerie, elle joint avant 1789 de grandes manufactures textiles et une faïencerie. Mais l'économie locale ne fait que desservir les campagnes environnantes. Par contre le clergé local brille de tous ses feux. Le chanoine Fenel crée une bibliothèque ouverte au public. Les Tarbé éditent un journal (les Affiches Sénonaises) qui sont un prototype pour la province. Marivaux épouse la fille d'un notaire de Sens. Les archevêques finissent par opter pour l'attitude gouvernementale anti-janséniste, qui va indisposer gravement la bourgeoisie. Le petit séminaire est ouvert en 1747.

Mort de la tuberculose peu avant Noël 1765, le dauphin Louis-Ferdinand est inhumé dans la cathédrale. La dauphine Marie-Josèphe, qui avait contracté le mal de son époux en le soignant, l'y rejoint quelques mois plus tard. Leur tombeau est profané en 1794 mais leurs dépouilles, jetées à la fosse commune, sont replacées dans leur tombeau en 1814 sur ordre de leur fils Louis XVIII.

En 1789, la cité ne parvient pas à faire aboutir ses projets de département comprenant Provins et Montargis. Elle devient une sous-préfecture. Elle obtient un lycée grâce à l'entregent de Fauvelet de Bourienne, ancien secrétaire particulier de Napoléon Bonaparte. Sous la Restauration, le siège archiépiscopal est rétabli, de manière à honorer le confesseur de la Dauphine. La tannerie locale a profité d'un quart de siècle de guerres pour se hisser au second rang national. Mais dans l'ensemble, la ville ne grandit pas.

À la suite du succès du premier festival chantant d'orphéons, organisé par Charles Delaporte à Troyes en 184927, le second a eu lieu à Sens la même année. Ce sont les débuts d'une série de rassemblements qui réuniront par la suite des milliers de choristes dans quantités de villes.

Époque contemporaine

En 1914, la ville accueille l'état-major français au lancement de la bataille de la Marne.

En 1940, les Allemands pénètrent en France le 15 mai et leur aviation bombarde la gare de Sens le 7 juin. Le département est envahi les 14 et 15 juin 1940 par des troupes allemandes en provenance de Troyes et subit de nombreux bombardements. L'exode des populations sur les routes de France commence. Les premières motos allemandes arrivent à Sens le 15 juin en fin de matinée et des troupes avec blindés se rangent à 14 heures sur la promenade. Les abords de la gare et de l'église Saint-Maurice (dont les vitraux sont détruits) ont été bombardés dans la nuit, puis des immeubles de la grande rue et d'autres, l’usine à gaz, tandis que la cathédrale et le palais synodal sont endommagés. Des combats ont lieu jusqu'au 16 juin. Le 17 juin, plus de trois mille prisonniers français venant de Montargis sont parqués sur la place Saint-Étienne et dans la halle. D'autres arrivent dans les jours suivants28. L'archevêque Mgr Lamy tente de mettre sur pied un comité d'aide d'urgence, alors que toutes les autorités se sont enfuies29,30. La Kommandantur installée place Drapès met en place un couvre-feu à partir du 20 juin et une liste d'otages volontaires (dont le maire et l'archevêque) en cas de non-respect des consignes. Après l'armistice, Sens se trouve en territoire occupé. Le , le préfet de l'Yonne ordonne l'arrestation des 14 juifs étrangers (originaires de l'ancien Empire russe et de Pologne) qui demeurent à Sens (42 sont arrêtés dans tout le département31).

En 1944, Sens, abandonnée par la plupart de ses occupants allemands32, est traversée le lundi 21 août en début d'après-midi par des troupes de la IIIe armée du général Patton qui la quittent le lendemain à l'aube en direction de l'est.

Dans les années 60, la ville est à la tête du réseau banlieue de la gare de (Paris) Lyon. Un nombre considérable d'habitants prend chaque jour le train pour travailler à Paris et rentrer le soir.

Après avoir fermé le grand séminaire de Sens, l'archevêque Stourm déménage à Auxerre, ville où siège le préfet.

La ville se positionne habilement sur le réseau routier (autoroutes A6, A5, et barreau de liaison), et récemment sur la voie fluviale en amont de Paris (port de Gron). Elle joue ainsi sur des atouts bimillénaires.

Site d'un ami pour en savoir beaucoup plus sur notre belle ville de Sens

 

 

 

 

 

 

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