Brennus & Les Sénons

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  • Le 29/03/2018
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Buste de Brennos provenant de la figure de proue du cuirassé Brennus, Musée national de la Marine.

Brennos (latinisé en Brennus) est un chef gaulois sénon du ive siècle av. J.-C.

Brennos (ive siècle av. J.-C.)

Origines de son nom

 

Il existe plusieurs hypothèses sur l'origine de son nom :

  • Il viendrait de la racine gauloise Brenn, signifiant « chef de guerre ». En effet, en cas de guerre, les druides se réunissaient pour désigner celui qui mènerait les tribus au combat : le Brennos.
  • Son nom pourrait également signifier corbeau. En effet, il était très fréquent pour les Celtes de donner aux personnes des noms d'animaux, que ce soit pour souligner une ressemblance physique ou a fortiori un trait de caractère commun à l'animal. Or, le dieu celtique Brennan, dieu de la guerre, était souvent représenté sous la forme d'un corbeau appelé « le corbeau béni ».
  • Enfin, certains auteurs affirment que c'est grâce aux exploits et à l'immense notoriété du chef gaulois que le mot Brennos a pris cette signification de chef de guerre, à l'instar par exemple du nom de César qui fut utilisé aussi ensuite par d'autres cultures pour nommer les plus hautes fonctions (Kaisertsar...).

Biographie

Origines

On connaît très peu de choses sur les origines de Brennos. Tout porte à croire que sa famille, appartenant à la tribu gauloise des Sénons, était originaire d'Agedincum1, (l'actuelle ville de Sens, dans l'Yonne). Vers 400 av. J.C, cette population migra vers le sud, rejoignant l'actuelle région de la Romagne et des Marches, en Italie.

Premiers exploits

En 6 ans, il réussit à unifier toutes les tribus Sénones en prenant le contrôle de la totalité de la Romagne et des Marches (région qui sera appelée ultérieurement ager gallicus, quand les Romains en prendront le contrôle). Pour cela, il assiège la ville étrusque de Clusium, qui, pour se défendre, demande l'aide de Rome. Le Sénat romain décide donc d'envoyer trois émissaires issus de la gens Fabia avec pour objectif, dans un premier temps, de jouer le rôle de médiateur entre les assiégés étrusques et les tribus gauloises. Néanmoins, Rome prend vite conscience du danger que représentent ces redoutables envahisseurs et décide de s'allier aux étrusques.

Brennos relève le défi. Après avoir pris et saccagé Clusium, il décide de marcher sur Rome à la tête de ses troupes. La tradition romaine a conservé un récit détaillé mais très suspect de cette invasion2. Lorsque le Sénat Romain est informé de ces événements, il lance un appel aux armes à tous les citoyens romains, afin de constituer une armée qui arrêterait les gaulois. L'affrontement entre les deux armées ennemies a lieu le 18 juillet -390 sur la rive gauche du Tibre, à l'endroit où se jette un modeste affluent, le ruisseau appelé Allia, (peut-être le Fosso Maestro, près de Marcigliana), qui donna son nom à la bataille (Bataille de l'Allia). L'armée romaine, mal préparée, est terrassée par l'armée gauloise, plus expérimentée et avide de vengeance. La défaite fut si grave que le 18 juillet (le Dies Alliensis) fut dès lors considéré comme un jour néfaste dans le calendrier romain.

Le sac de Rome

Article détaillé : Sac de Rome (390 av. J.-C.).

 

Brennus, chef des Gaulois, et Marco Furio Camillo, après le sac de Rome.

Affolés et dispersés, les survivants de l'armée romaine préférèrent pour la plupart se réfugier dans les villes voisines de Caere et Véies, laissant la défense de la Ville aux quelques citoyens romains restés à Rome. Ces derniers décident de se retrancher dans la partie de la ville la plus facilement défendable : le Capitole. Lorsque les Gaulois entrèrent dans Rome, ils ne trouvèrent pour les accueillir que les sénateurs romains dans la Curie. Après les avoir massacrés, les Gaulois pillèrent la ville, puis cherchèrent à prendre le Capitole par surprise, de nuit. Des écrits romains racontent que les oies bénies par Junon auraient alerté les défenseurs romains de la citadelle , qui étaient endormis, de l'arrivée des assaillants gaulois, leur permettant ainsi de les repousser. On pense généralement aujourd'hui que cette histoire a été inventée de toutes pièces par les Romains désireux d'effacer la honte subie et de redorer l'image de l'armée romaine. Néanmoins, à l'endroit où cet événement aurait eu lieu fut édifié un temple appelé Iuno Moneta (Junon surveillante), lieu où seront plus tard frappées les premières monnaies romaines, leur donnant ainsi son nom moneta qui donnera plus tard le mot français « monnaie ». De plus, il fut dédié à cet épisode une fête religieuse ayant lieu le 3 août, durant laquelle les oies étaient portées en triomphe lors d'une procession.

La résolution du conflit et la fin de Brennos

 

Le Brenn et sa part de butin, de Paul Jamin, 1893.

La rançon

En proie à la famine, les assiégés finissent par négocier leur reddition contre rançon. La tradition rapporte que celle-ci est de 1000 livres d'or. Lors de la pesée de la rançon, les historiens rapporteront également que les Gaulois utilisent à cette occasion des poids truqués, des pierres en plomb alourdissant alors le tribut des romains. Aux protestations romaines, Brennos répondra de manière éloquente en ajoutant son épée aux poids incriminés, se justifiant du droit des vainqueurs par la phrase « Vae Victis » (« Malheur aux vaincus ») ; l'historien Polybe rapporte une tradition différente d'après laquelle, les Vénètes envahissant leur pays, les Gaulois sont forcés d'interrompre le siège du Capitole3.

La victoire finale de Camille

Camille, nommé dictateur interviendra ensuite, en contestant la légalité de la rançon. Cette position provoque un combat avec les gaulois, qui seront battus.

Néanmoins, l'historicité de cet événement reste sujette à caution :

 1)_ Tite-Live rapporte un second combat (« plus régulier » selon ses propres dires) sur le chemin de Gabies, remporté par Camille. 
 2)_ Plutarque, s'écartant quant à lui de l'historien romain, conteste la première victoire romaine, mais il atteste également un combat sur le chemin de Gabies. Dans sa version, les Romains sont également victorieux, quoique de manière moins complète.
 3)_ Pour Strabon et Polybe, les gaulois quittèrent Rome avec la rançon, et seront défaits en Étrurie par l'armée de Caeré, qui restituera la rançon aux romains, cette ville obtenant en retour certains droits de citoyenneté romaine.

Cette dernière version est la plus probable, car Rome, lors de la conquête de l'Étrurie, épargnera Caeré et son territoire.

Brennos et ses guerriers survivants parviendront cependant à se replier dans le nord de l'Italie, où le chef gaulois s'éteindra.

Les Sénons

 

Provinces romaines et les peuples proto-basques, celtes et germanique à la fin du ier siècle av. J.-C.

Les Sénons (Senones) étaient un peuple gaulois. Ils occupaient la région du Sénonais, s'étendant sur une partie des départements actuels de l'Yonne et de Seine-et-Marne. Ils donnèrent leur nom à la ville de Sens qui était leur capitale sous le nom d'Agendicum. Durant le Haut-Empire, la cité des Sénons fait partie de la province de Gaule lyonnaise.

 

Étymologie

« Senon » en celtique signifie « ancien » et vient du mot gaulois senos qui a donné sen en brittonique et hen en breton moderne, avec le même sens. Se nommer « les Anciens » était une façon d'affirmer l'antériorité, une sorte de primature, leurs voisins les Rèmes s'appelant eux « les Premiers ». Le suffixe -on pour désigner une nation s'observe dans le nom de nombreuses cités (Santones, Ceutrones, Turones, etc.)

Territoire

Leur territoire s'étendait sur l'Yonne et sur la Seine-et-Marne. Plusieurs toponymes de la région y font référence : la rivière Essonne par exemple

Politique

D'après César, ils furent liés au peuple des Parisii, qui étaient leurs clients1 et effectivement l'évêque de Paris, jusqu'à la création de l'archevêché de Paris, dépendait de l'archevêque de Sens. Ils sont souvent associés dans leurs luttes avec les Carnutes. Postérieurement, ils seront intégrés avec les Carnutes, les Parisii, les Meldes et les Tricasses dans un diocèse de Sénonaise ou quatrième lyonnaise.

Frontières

Oppida

 

Sanctuaire à Cérès d'Agedincum.

  • Agedincum : Sens
  • Vellaunodunum : ? (César, B.G., VII, 11)
  • Metlosédum : Melunoppidum situé sur une île de la Seine (César, B.G., VII, 58)
  • Eburobriga (« Camp de Barcena ») : Mont-Avrollot2,3,4

Historique

Sous la conduite de Brennos, après avoir dévasté Rome, une partie des Sénons de Gaule s'installe durablement dans la marche d'Ancône (Italie) au ive siècle av. J.-C..

On a retrouvé une de leurs nécropoles dans le village de Santa Paolina (Filottrano5). La nécropole de 30 tombes contenait les restes de guerriers et de femmes. Les tombes des hommes ont livré l'armement des guerriers Sénons notamment des cimiers dont les romains étaient dépourvus ainsi qu'un service individuel de vaisselle en métal d'inspiration grecque et étrusque comparable à celle trouvée dans les tombes de Vix ou de Lavau : cratère pour le mélange de vin et d'eau, pichets, coupes, gobelets, etc.

Outre ce complexe funéraire, on a mis au jour à la fin du xixe siècle, deux autres nécropoles outre-alpines attribuables à la civitas des sénons. Les nécropoles de Piobbico6 et San Ginesio7, également localisées dans la province italienne des Marches, viennent confirmer l'implantation des sénons dans l'ancienne région du Picenum8. Toutefois, ces deux dernières affectent des tailles plus modestes que la nécropole de Filottrano/Santa Paolina, indiquant ainsi une probable centralisation de pouvoir non-loin de ce site8.

Monnayage

Les Sénons ont émis des monnaies de plusieurs natures. Statères et quarts de statère en or ou électrumdeniers en argentbronze et potin. Leur territoire comportant des bords de Seine, certaines monnaies ont une attribution incertaine : Rèmes/Sénons, Leuques/Sénons, Tricasses/Sénons, etc. Voir Monnaie gauloise.

  • Statère globulaire à la croix (LT.) :

anépigraphe. Sur l'avers, une croix. Au Revers, lisse.

  • Bronzes à l'oiseau classe II, SIINV (DT 2633) :

Il existe des dizaines de variantes de bronzes à l'oiseau.

Avers anépigraphe : Tête de profil à droite, avec des mèches triangulaires avec des pointes bouletées sur la joue. À droite, il y aurait un petit croissant ouvert.

Revers (SIINV) : Oiseau (aigle, corbeau, corneille ?) de profil à gauche à queue d'aronde, surmonté d'ailes formées par des demi-cercles pointés. gréntis partiel, légende SIINV (Sénons), un pentagramme bouleté, et deux annelets pointés dans le prolongement du plumage de la queue.

 

Bronze à l'oiseau frappé par les Sénons. Date : c. avant 52 AC. Description avers : Tête à droite, les cheveux divisés en grosses mèches stylisées, ramenées en arrière et bouletées à l’intérieur ; S devant le nez et la bouche ; torque bouleté sous le menton. Description revers : Oiseau à gauche ; derrière, un pentagramme et une S ; deux annelets centrés derrière la queue de l’oiseau ; une croisette aux extrémités bouletées accostée de quatre globules sous la queue ; un globule sous le bec de l’oiseau

Bronze Celtic Coin (Senones - Gallia) DT.2633.jpg

  • Potin à la tête casquée, au bouquetin et à la rosace (LT.8124) :

Monnaie anépigraphe.

avers : Tête de profil à gauche.

revers : Animal fantastique bifide de type licorne, trois globules en crinière, 5 globules forment une rosace sous les membres inférieurs. Il existe des variantes ou des potins avec différents nombres de globules.

Potin Celtic Coin (Senones of Gallia) LT.7388.jpg

Sénons notables

Brennos (Vae victis), chef des Gaulois qui pillèrent Rome pendant le sac de Rome de 390 av. J.-C. ;

Les Sénons de Cisalpine

Une partie des Sénons (Senoni ou Semnones est également le nom d'une nation des Suèves), dirigée par Brennos, avait immigré en Italie au ive siècle av. J.-C., et se trouva en conflit avec la cité étrusque de Clusium – aujourd'hui Chiusi — ainsi qu'avec Rome, qu'ils saccagèrent avant de se fixer à Senigallia et sur un territoire qui allait de Forlì à Ancone. Plusieurs nécropoles sénones ont livré de riches tombes, à Filottrano ou Montefortino d'Arcevia par exemple, qui attestent la rapide acculturation de cette population celtique.

  • Les peuples celtiques de Gaule cisalpine au début du ive siècle av. J.-C.

  •  
  • .

    Les peuples du nord de l'Italie au tout début du iiie siècle av. J.-C

Histoire Sénons Yonne Territoire

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